Le curé est le
gestionnaire local de ces croyances, il dicte et impose les règles.
Malheur à celui qui ne fréquente pas la messe du dimanche ou travaille le jour
du seigneur sans autorisation cléricale. Il est montré comme le mauvais exemple
lors du sermon et l’exclusion mène en enfer. Malheur aussi à l’enfant décédé avant
le baptême, son âme va dans les limbes et son corps physique n’a droit qu’à un
minable coin de cimetière.
Et pourtant,
cette religion catholique nous est bien utile. Pour la simple et bonne raison
qu’au début des temps, la société n’avait pas de balises ni de repères.
En créant une
religion, on a mis en place des structures pour sauver la morale et conduire
l’être humain vers son élévation. La religion est un guide qui évite les écarts
quand dans nos régions, l’état n’a pas encore mis en place tous les moyens
juridiques et policiers. Les villageois ainsi éduqués craignent l’enfer et se
confessent régulièrement par obligation. Ce qui permet aux prêtres de tout
savoir et d’être juge. Ils condamnent, infligent des pénitences et peuvent accorder
la rémission de toute faute en gardant
le secret vis-à-vis de la loi du pays.
Ces responsables
ne sont hélas pas toujours à la hauteur de leurs devoirs d’éducateur. Par leur
influence ils peuvent conseiller, par exemple « l’acceptation » dans le cas de l’assassinat de
Marie-Louise Zune en période de guerre, le 22/11/1944. Voir rubrique « Croix de Brisy ».
J’ai moi-même
vécu des dérives importantes, presque inimaginables de l’instituteur, voir l’anecdote 5 de la rubrique
« Ecoliers de Brisy ».
Le but de ce
texte, n’est pas de révéler toutes les anciennes dérives, mais de connaître le
passé pour nous rendre
plus attentifs aux actes des personnes responsables à qui nous confions
l’éducation des enfants.
Plusieurs
témoignages m’ont été communiqués concernant le curé de la paroisse de
Sommerain officiant de 1966 à 2004 à Sommerain, Taverneux, Fontenaille et
Brisy. En voici l’un d’eux :
Le texte ci-dessous en caractères italiques a été rédigé en janvier 2018
par Guy DEUMER (05-05-1964), celui-ci
répondant de l’entière responsabilité du contenu. Si ce texte doit être
reproduit pour quelque raison que
ce soit, il doit l’être dans son intégralité (pas de citation partielle
d’extraits sorti du contexte)
Le curé pédophile
avait besoin d’un enfant de 7 ans pour se masturber !...
Vers l’âge de 6 ou 7 ans,
les enfants suivaient une préparation en vue de faire leur « petite communion ». D’autre part,
les petits garçons étaient appelés approximativement au même moment pour
« servir la messe », (devenir donc « enfants de cœur »). A nouveau une autre petite formation était nécessaire à cette fin.
Ces deux préparations
étaient dispensées par le curé AC dans l’église du village. Des allées et venues vers la sacristie
étaient courantes. Il habitait avec sa maman le presbytère qui se
trouvait à une centaine de mètres de l’église.
Pour différentes raisons, il nous demandait parfois de l’accompagner chez lui
après l’office. A l’Eglise comme à la
sacristie, il était courant de se retrouver seul avec lui. A son domicile, sa
maman était en général présente. Nous étions toujours bien accueillis. En notre
présence, la maman s’efforçait d’appeler son fils : « Monsieur le
Curé ».
AC était
presque toujours vêtu d’une soutane noire. Lorsque j’étais petit, il avait une
manière particulière de m’accueillir : il prenait ma petite tête dans les
mains et la serrait un moment fort contre son ventre. A cette occasion, je
sentais ses grosses mains trembler. Je trouvais ce geste « peu
conventionnel ». Cependant, il se répétait et je m’y étais habitué en comprenant que c’était sans doute sa manière à lui de
nous faire un signe d’affection. Je me souviens en particulier de cette
habitude lorsque j’arrivais à la sacristie pour enfiler la tenue juste avant
l’office.
Lors d’une visite au presbytère, je me suis un jour
retrouvé seul avec lui et sa maman. Le
but « officiel » de cette
visite et la date précise où elle eu lieu ne me sont pas restés en
mémoire. La pièce de droite en
entrant leur servait de cuisine mais
c’était aussi la pièce où nous étions généralement reçus. La pièce de gauche
était un deuxième endroit que je connaissais : petit
salon où se trouvait accroché au mur face à l’entrée une grande peinture d’art
représentant la maman du curé. Il m’avait dit précédemment que c’était aussi la
pièce dans laquelle il lisait régulièrement la Bible. Les pièces à l’arrière du
presbytère m’étaient inconnues.
Le curé assez nerveux,
avait fait plusieurs allées et venues entre la cuisine et l’arrière du
presbytère. Je me trouvais dans la cuisine et la maman n’était jamais bien loin de moi. Il revient une nouvelle
fois et dit à sa maman qu’il devait me voir seul et qu’il ne fallait pas nous
déranger. Il me fait alors passer dans le salon et referme la porte derrière
lui. Nous étions tous deux dans le coin
droit de la pièce où se trouvait le portrait de sa maman. Là il me prend la
tête dans les mains, la frotte sur sa soutane dans le bas du ventre tout en me
disant qu’il aimait beaucoup les petits enfants comme moi. Cette fois, ce « massage » était
assez intensif et s’est poursuivi durant
plusieurs minutes (4 ou 5 minutes de
mémoire). Je devais avoir approximativement sept ans. Il me repoussait en
permanence la tête vers le bas de son abdomen, l’utilisant comme un objet de massage. Ses grosses mains tremblaient.
Tantôt la face de ma tête contre sa soutane, tantôt le côté avec l’oreille qui
se repliait au passage, mes souvenirs sont assez précis à ce niveau. Durant
cette action, j’ai par exemple clairement perçu sous sa soutane et en plus des
vêtements qu’il portait habituellement, une épaisseur impressionnante de
textiles disposés de façon irrégulière (une serviette de bain repliée ou
équivalent). De l’autre côté de la porte sa maman a appelé plusieurs
fois : « Albert, Albert … » et il lui répondait en substance « oui
maman nous avons bientôt terminé …». Cela se passait tout début des années
70 dans le village de Sommerain
(HOUFFALIZE).
A l’âge de sept ans,
personne ne nous avait jamais parlé de « comportements sexuels
déviants ». Je ne pouvais évidement pas comprendre le geste du curé. Cependant il est devenu
clair dans mon esprit que ce ne pouvait plus rien être d’affectueux ; ce
n’était même pas comique ni amusant. Je me suis donc d’instinct éloigné de cet
individu, tant physiquement qu’en mettant systématiquement en doute dans ma
compréhension le contenu de ses propos.
Pour ma part, je ne dois me semble-t-il la banalité des conséquences de
cet incident qu’à la seule présence de la vieille maman avisée.
Le système éducatif d’un
petit village disposant de sa propre école primaire à l’époque était « un
vase clos ». En effet, l’instituteur tout comme le curé n’étaient dans les
faits soumis à aucune autorité hiérarchique efficace. Les parents nous
envoyaient à l’école et à l’église en nous recommandant « d’écouter et d’être gentils ». L’instituteur
enseignait qu’il fallait respecter ses parents, ses supérieurs et
Monsieur le Curé, ce dernier renvoyant
enfin la balle à son tour. Dans mon enfance par exemple je n’ai jamais entendu personne nous
enseigner que le bûcheron habitant le bas du village était tout autant
respectable que le curé (or en l’occurrence, c’était pourtant bien le
cas). Finalement, dans la tête d’un
jeune enfant de l’époque, la religion catholique et en particulier le principe
même de la confession que l’on venait tout juste de nous inculquer consacraient
clairement le curé comme étant l’autorité fixant en dernier ressort les limites
entre le bien et le mal. Je n’ai pour ma part pas relaté l’épisode de
masturbation du curé AC à mon
entourage ; peut-être est-ce pour
toutes ces raisons ?....
De mon point de vue,
il était également un prêtre pédophile plutôt «habile». Il savait
très bien comment préparer son geste pour que l’enfant ne se méfie pas. Il
savait quoi faire, quoi dire avec quel enfant et à quel âge agir. Son mode
opératoire était au point ; jusqu’où « ne pas aller trop loin »
afin que l’enfant n’en parle pas par la suite..… Je pense bien que ses fantasmes de pédophilie
se portaient en particulier vers les jeunes garçons «à l’exclusion
des petites filles », mais je n’en suis
pas certain.
Aussi bien au cours de
ses prêches que dans des conversations de la vie courante, le curé AC démontrait clairement qu’il n’avait pas toutes les idées bien en place dans sa
tête lorsqu’il s’agissait de questions d’ordre sexuel. Il n’était nullement nécessaire d’être
psychologue pour s’en apercevoir. En tant que jeunes adolescents, nous avions
d’ailleurs tendance à nous en moquer ouvertement. Le plus regrettable reste
cependant que les adultes de l’époque n’étaient pas capables d’en parler, ni
d’en témoigner, ni d’en tirer les conclusions
adéquates et nécessaires. Il en allait pourtant de la protection et de
la sécurité des enfants. Si n’importe quel autre adulte du village avait tenu
les propos d’AC, nos parents nous auraient invités à ne pas le
fréquenter. Dans cette micro société de l’époque, le simple fait d’être
instituteur ou curé de village permettait de facto de ne pas être soupçonné de
mal là où n’importe qui d’autre l’eut été
en circonstances similaires.
Anecdote 25 : Acte de baptême hors mariage.
Il y a de cela plus de 300 ans, les attestations d’actes de baptême pour une naissance hors mariage étaient rédigées d’une façon particulièrement évoquante. Sans aucun respect pour les parents, bien moins encore pour la maman traitée de complice sous un régime religieux patriarcal. A cette époque et bien après sur tout acte de baptême, l’épouse n’était pas nommée, le prêtre indiquait simplement son prénom suivi de « la femme de Brisy ».
En voici un exemple rédigé par le prêtre officiant à Brisy en date du 28 décembre 1703.
« Fut baptisée Marguerite, conçue par fornication simple de Noël Grandjean de Brisy et Bastine sa complice».
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Acte de baptême de Marguerite le 28/12/1703 |
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